UN INTÉRÊT SINCÈRE
Le premier soir d’une retraite familiale, le directeur de la retraite a informé les familles du programme de la semaine. Après avoir terminé, il a demandé si quelqu’un avait quelque chose à ajouter. Une jeune fille s’est alors levée pour exprimer un appel à l’aide passionné. Elle nous a parlé de son petit frère – un garçon aux besoins particuliers –, en précisant qu’il pouvait être difficile de s’occuper de lui. Elle a mentionné à quel point cela avait fatigué sa famille, puis elle a demandé à tout le monde de contribuer à garder un œil sur lui au cours de la semaine. Son appel à l’aide était né d’un intérêt sincère pour son frère et ses parents. Au cours de la semaine, c’était merveilleux de voir les gens venir en aide à la famille ici et là.
DES MOMENTS EMBARRASSANTS
Les gyrophares d’une voiture de police qui clignotaient m’ont amené à reporter mon attention sur une automobiliste que l’on avait interceptée en flagrant délit d’excès de vitesse. Tandis que l’agent retournait à sa voiture, calepin de contraventions en main, j’ai pu voir clairement la conductrice embarrassée se tenir déconcertée derrière le volant. Elle tentait de se cacher le visage de ses mains, dans l’espoir d’échapper aux regards des passants et de dissimuler son identité. Son geste m’a rappelé combien il peut être embarrassant d’être trahis par nos choix et leurs conséquences.
ARRÊTEZ-VOUS
Eric Liddell, dont la vie est commémorée dans Les Chariots de feu , a remporté une médaille d’or aux Jeux olympiques de Paris en 1924, avant de se rendre en Chine pour y devenir missionnaire. Quelques années plus tard, lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Liddell a envoyé sa famille se réfugier au Canada, mais il est resté en Chine. Avec d’autres missionnaires étrangers, Liddell n’a pas tardé à être fait prisonnier et à être incarcéré dans un camp japonais. Après des mois de captivité, il a développé ce que les médecins craignaient être une tumeur au cerveau.
MERVEILLEUSE !
Alors que notre avion amorçait sa descente, l’agent de bord nous a lu la longue liste des renseignements relatifs à notre arrivée comme si elle la lisait pour la millième fois ce jour-là – sans émotion ni intérêt, comme si elle prononçait un long discours au sujet de notre arrivée imminente. Puis, d’un même ton las et trahissant l’ennui, elle a fini ainsi : « Passez une merveilleuse journée. » La sécheresse de son ton de voix contrastait avec ses paroles. Elle a dit « merveilleuse », mais sans la moindre trace de conviction.
PIERRE DE COADE
Partout dans la ville de Londres, il y a des statues et autres choses faites d’un matériau de construction unique portant le nom de pierre de Coade. Créée par Eleanor Coade pour son entreprise familiale vers la fin du xviiie siècle, cette pierre artificielle est presque indestructible et capable de supporter le passage du temps, les intempéries et la pollution par l’homme. Même si elle était une merveille durant la Révolution industrielle, on a toutefois cessé de l’utiliser dans les années 1840, après la mort d’Eleanor, la remplaçant par le béton de Portland comme matériau de construction. Malgré tout, il existe encore aujourd’hui des dizaines d’exemples de bâtiments faits de cette pierre robuste, ressemblant à de la céramique, qui ont survécu au dur climat londonien des cent cinquante dernières années.
ÊTRE UN TÉMOIN
Adolescent, j’ai été le témoin d’un accident de voiture. Ce qui l’a suivi est venu aggraver cette expérience boulversante. En ayant été le seul témoin, j’ai dû passer les mois suivants à raconter à une série d’avocats et d’experts en sinistres ce que j’avais vu. On ne s’attendait pas à ce que j’explique les aspects physiques de l’accident ni les détails relatifs au traumatisme médical qu’il a causé. On ne me demandait de dire que ce dont j’avais été le témoin.
LE SENTIER DE LA SAGESSE
On a entendu Albert Einstein dire : « Deux seules choses sont infinies, l’univers et la stupidité humaine, et je ne suis pas certain au sujet du premier. » Malheureusement, il semble que trop souvent il n’y ait pas de limite à la folie à laquelle nous nous prêtons – ni aux torts que nous causons par notre folie et les choix que celle-ci nous pousse à faire.
DES BONTÉS INÉPUISABLES
En me promenant dans l’aéroport O’Hare de Chicago, quelque chose a capté mon regard : le chapeau que portait une personne en train de traverser le hall à la course. Ce qui a retenu mon attention, c’est le message qu’il véhiculait en seulement deux mots : « Deny Everything » (Niez tout). Je me suis demandé ce qu’il signifiait. Ne reconnaissez jamais votre culpabilité ? Ou encore, refusez-vous les plaisirs et les luxes de la vie ? Je me suis interrogé sur le mystère de ce message des plus simples.
PRESQUE CONTENT ?
En entrant à pied dans le stationnement après le repas, j’ai vu une camionnette passer à toute allure entre les véhicules garés. En observant la conduite dangereuse du conducteur, j’ai remarqué ce qui était écrit sur la plaque minéralogique de la camionnette : « Almost Content » (Presque content). Après avoir réfléchi à ce message et au sentiment qu’il tentait de communiquer, j’en suis venu à la conclusion que le concept « presque content » n’existe pas. On est content ou on ne l’est pas.
UN SOUCI DÉCONCERTANT
Il y a un certain temps, j’ai écrit un article au sujet de ma femme, Marlene, et les problèmes que lui cause le vertige. Quand l’article a paru, je n’étais pas prêt à affronter le tsunami des lecteurs qui m’ont écrit pour m’offrir leurs encouragements, leur aide, leurs suggestions et, surtout, leur empathie par rapport à son état de santé. Ces messages provenaient de gens de tous les horizons vivant aux quatre coins de la terre. Ces expressions d’un intérêt bienveillant pour ma femme ont été si nombreuses qu’il nous était tout à fait impossible de répondre à toutes. C’était déconcertant, au meilleur sens du terme, de voir le corps de Christ réagir autant aux difficultés de Marlene. Nous en avons été profondément reconnaissants, et le sommes encore.